laurierCourriel de Gaylord

Prépa de septembre 2008 à juin-juillet 2010 — Entre à l'Institut Supérieur de l'Automobile et des Transports (ISAT) de Nevers en septembre 2010 — Sortira diplômé en juin 2013.

Suite à mon parcours de TSI de septembre 2008 à juillet 2010, je tenais à vous communiquer la suite de mes études au sein de l'ISAT (Institut Supérieur de l'Automobile et des Transports) de Nevers, tant pour le retour désiré par les étudiants et également pour insister sur le bienfait de la CPGE.

Comme annoncé précédemment, j'ai intégré l'ISAT (mon 3ème vœux sur la banque CCP) dans la section mécanique. Cette école m'avait attiré par sa spécialité sur l'automobile et également avec sa proximité avec Magny-Cours. C'est alors que commence le cycle ingénieur, les cours en amphithéâtre qui ne sont pas obligatoires, les cours de probabilité, de RDM, de moteur et entre autres de traitement du signal. Même en mécanique il est nécessaire d'avoir de bonnes connaissances en traitement du signal pour effectuer, par exemple, la mise en forme des signaux de capteurs de couple.
C'est à ce moment précis que l'on apprécie le savoir que l'on a pu acquérir au cours des deux années de prépa !

En effet, lors du premier semestre, les cours sont principalement de la mise à niveau pour les arrivants de tous horizons. Les BTS sont un peu ralentis en maths, les MP sur la technique et pour nous une cure de rappel ne fait pas de mal après la trêve estivale...
L'étude de deux langues étrangères est imposée, avec l'anglais pour la première et la deuxième reste au choix de l'étudiant. Pour ma part je me suis orienté vers le Russe. Choix particulier mais en adéquation avec le marché de l'automobile qui se développe de plus en plus dans ce pays. Pour l'anecdote, une représentante de Renault en Russie était venue en début d'année scolaire (peu avant le choix de la deuxième langue vivante) pour demander à ce que des ingénieurs de l'ISAT apprennent le Russe.
Vinrent ensuite les partiels, ces épreuves qui paraissent curieuses du fait que nous avons droit au cours pour certains, à un formulaire pour d'autres et à rien pour le reste. La stratégie est alors de mise pour s'assurer de la réussite de ce point de passage. Le rythme de l'école d'ingé nous donne l'impression d'avoir moins à faire, nous entendons qu’en école il y a moins de travail, etc. Mais la légende porte bien son nom, cela n'existe pas ! La labeur est l'élément clé de la réussite !

Le deuxième semestre arrive, et la recherche de stage également. A l'ISAT, il est obligatoire d'effectuer au moins un stage à l'étranger (deux périodes de stages sont imposées : une de 4 mois en deuxième année et une de 6 mois en dernière année). Ne me sentant pas prêt pour partir hors de France, je me tournais vers les entreprises autour de Nevers. Le Pôle de la Performance de Magny-Cours (Oreca, Ligier, Exagon...), Anvis (anti-Vibrtoire), Valéo (sécurité voitures), Gates (courroies de camions) ou encore le Technicentre SNCF me donnaient de nombreuses possibilités. Après avoir eu le choix entre Anvis et la SNCF, mon choix s'est tourné vers la SNCF au sein de l'Ingénierie Composant Clé Bogie. Le sujet de stage proposé était l'amélioration du SLI (Soutien Logistique Intégré). C'est un outil permettant d'avoir une vision intégrale sur un projet de sa création à sa disparition en passant par son exploitation.

C'est donc de septembre à décembre 2011 que je me suis lancé dans ce stage. Il y était alors principalement question d'organisation des pas de maintenance des bogies de tout le matériel roulant de la SNCF. Gérer les stocks, les formations, les centres de réparations, l'organisation des archives, le suivi du retour d'expérience... Ce stage m'a permis de découvrir le monde de l'ingénierie, la collaboration sur divers sujets et également la gestion de projet. Ce stage permet (enfin) d'avoir une idée du métier d’ingénieur, et ici des ingénieurs en mécanique. Ce n'est pas un spécialiste de la RDM, encore moins de l’électronique, il est tout simplement un référent pour l'équipe qu'il supervise. Il est là pour encadrer, assurer et certifier la qualité du travail fourni par son équipe. Les opportunités de carrière l’amèneront peut-être à devenir un spécialiste dans un domaine, mais là n'est pas l'utilité majeure d'un ingénieur en entreprise.

Fort de ce constat, la deuxième année de cours ne s'étalant que sur un semestre (de janvier à juin), l'intensité des cours redouble. Pour ma part, nous parlerons ici de 14 matières différentes à assimiler et à restituer pour s'assurer le ticket pour la dernière année ! Les matières sont diverses et variées, pour en citer quelques unes : cours de RH [ajouté ressources humaines], le qualité, de polymères, d'acquisition de signaux, de conception sous CATIA V5, de vibration, d'aérodynamique, d'acoustique ou encore de dynamique du véhicule. Le temps passe très vite, les retrouvailles post-stage, les nouveaux cours, TD et TP, et le choix de l'option de dernière année. Jusque là le tronc commun permettait à tous d'avoir de bonnes connaissances en mécanique, mais trois possibilités s'offraient à moi pour la spécialisation :

  • Production (Design, procédés...)
  • Confort véhicule (Vibration, acoustique, comportement du véhicule...)
  • Matériaux et structures (Crash, conception...)


Mon expérience précédente m'a alors poussé vers la production. Nous sommes alors un groupe de 15 personnes (la plus petite option de l'ISAT en mécanique) qui découvre les rudiments de la production industrielle. Cela s'effectue au travers de différents intervenants extérieurs, projets et recherche à effectuer. De nombreux industriels viennent nous parler de l'importance de la maintenance, de la robotique, du Lean Manufacturing, etc. Nous avons un projet de fonderie en partenariat avec l'ENSAM de Cluny, cette année nous avons dû créer l'ensemble des documents et outils permettant la coulée d'une pièce d'un moteur d'avion de 1914 et enfin la réaliser. La recherche était alors portée sur les différents procédés possibles pour la mise en forme des métaux en feuille, des processus de CND [ajouté contrôle non destructif], de rodage, superfinition...
En parallèle à cette dernière ligne droite scolaire, la recherche d'un stage de 6 mois à l'étranger est déjà engagée depuis l'été. L'opportunité d'aller chez Renault en Russie s'est avérée compliquée de par la difficulté à avoir un permis de travail en Russie. J'ai alors démarché plusieurs entreprises liée de près ou de loin à l’automobile. Finalement, après avoir touché d'un doigt l'opportunité d'être stagiaire chez Marussia F1 team, je vais être stagiaire pendant 6 mois chez Audi à Bruxelles, où est assemblée l'Audi A1, au sein de l'équipe « Industrial Engineering » en amélioration de processus. Mon rôle au sein de cette équipe sera d'assister l’application de nouveaux systèmes sur la chaîne de production et la rédaction de cahier des charges pour les prochains projets. Deux défis nouveaux pour moi alors : parler néerlandais et apprendre des bases en allemand.

Au travers de ce témoignage, j'espère convaincre les étudiants en proie au doute (comme ce fût mon cas) sur leurs capacités à subsister en prépa et que tout y est possible. Comme à pu me le dire mon prof de physique en sup : « Gaylord en prépa les hauts sont pas très haut et les bas sont très très bas, il ne faut jamais baisser les bras ». Je veux encore une fois le remercier l'ensemble de l'équipe pédagogique pour m'avoir permis de réaliser ce parcours et enfin j'invite les étudiants à persévérer dans leur choix qu'est la prépa.
Pour ma part, elle m'a permis d'avoir une force morale et de caractère, une organisation et une efficacité de travail que je n'aurais jamais eu autrement.

Gaylord, le 24 décembre 2012